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31/12/2012

Autocritique

 

Après trois semaines entières
De bonheur que rien n'altérait
Mon amant dont j'étais si fière
Un triste matin me plaquait
Pour calmer mon âme chagrine
Je résolus en un sursaut
De me piquer à la morphine
Ou de priser de la coco
Mais ça coûte cher tous ces machins
Alors pour fuir mon noir destin

J'ai fumé de l'eucalyptus
Et je m'en vais à la dérive
Fumant comme une locomotive
Avec aux lèvres un rictus
J'ai fumé de l'eucalyptus

Dès lors mon âme torturée
Ne connut plus que d'affreux jours
La rue du désir fut barrée
Par les gravats de notre amour

(Toute ressemblance … etc)

Un jour où l'autre, les cruelles révélations de la réalité vous rattrappent et et vous crucifient avec les clous de vos contradictions intimes.. (C'est beau comme du Marie Dubas surtout les deux dernières lignes de l'extrait ci dessus, «  La rue du désir barrée par les gravats de notre amour... » c'est irrésistible )

- Mékesskispassdon ?

Zazie ?? Toi ici ? Quelle surprise ! Chère Zazie, je suis une vieille souche ancrée sur ses certitudes comme une moule à son bouchot, je ne comprends rien à cette nouvelle mode des chanteurs français qui chantent en anglais. Bon, je sais qu'il y a de menues préoccupatiions comme la faim dans le monde, la fin du pétrole, la fin des haricots, la fin des dinosaures, la fin de l'année, la déforestation de l'Amazonie, la fin possible de la banquise, la fin de droits, la fin du monde qui arrivera un de ces jours, la fin de mois 7 jours par semaine, mais moi, mon truc, mon hobby, ma passion, mon obsession, ma croisade, ma mission sacrée par Ste Anne, St Georges St Jacques, St Pierre Barouh, St Léo, et St Michel, ma misssion en ce bas monde c'est la CHANSON ! Pour l'autre monde, on verra plus tard. Figure-toi chère Zazie, que la réalité évoquée plus haut me fait savoir que je dois être un vieux pervers qui va au spectacle de chansons en espérant voir les artistes « se foutre à poil » et ça, parce que je suis un fervent amateur de la chanson, francophone, de préférence.

  • Méké méké skecé ksett histoire ?

Alors voilà : une chanteuse française qui chante en anglais a justifié ce choix en arguant que si elle chantait en français, elle aurait l'impression, je cite «  de se foutre à poil.. »

Ça m'a fait un choc. Serais-je un libidineux honteux qui ne guette que l'effeuillage de l'artiste devant son micro ? Quand j'écoutais la TSF – oui quand j'avais ton âge, mes grands parents disaient la TSF pour la radio, ce truc que tu regardes dans ton Iphone – je n'avais pas l'image, mais j'avais l'imagination, et finalement, en vibrant avec Bécaud « mes mains dessinent dans le soir....» je devais déjà avoir l'oeil en coin, pas pour déshabiller Bécaud, bien qu'il fût joli garçon, mais pour mieux apprécier « ...la forme d'un espoir qui ressemble à ton corps » je devais déjà être obsédé à 10 ans sans le savoir. Mais j'aurais dû m'en douter, mon intérêt soutenu pour les films avec Ava Gardner, Rita Hayworth, Martine Carol, ou Gina Esmeralda, c'était un signe … ah Gina … Victor Gina-Lollobrigida.jpgavait rêvé Esmeralda, et il n'aurait pas pu rêver mieux que Gina. Et puis elle avait une chèvre très mutine... Mais je digresse, revenons à nos moutons. Et nos chansons. 

Il n'y a pas que les french chanteuses qui m'ont révélé des émotions intenses, je succombais volontiers et à répétition aux charmes musicaux de Mahalia Jackson, de Sidney Bechet, de Louis Armstrong, de Bix Beiderbecke, de Billie Holiday. Qui m'ont transporté dans des mondes de merveilles imaginées ou de drames entr'aperçus dans ces étranges arbres fruitiers du vieux Sud . Et puis Crolla, et Django, avec leurs envolées poético lyriques de musiciens inspirés, avec leurs mélodies qui racontent quelque chose touchant souvent à l'universel. Et tu vois, Zazie, quand j'entends ces néo-pop-rockers (de Clermont Ferrand) qui babillent en anglais (de Clermont Ferrand) ça ne me fait rien. Ou pas grand chose, ni chaud, ni froid, à peine tiède.

Au mieux, cette jolie ballade folk  (de Clermont-Ferrand) me donne envie de réécouter Peter Paul and Mary, « a tiny sparrow » ou « Puff the Magic Dragon » ou « le déserteur » qu'ils chantaient pendant la guerre du VietNam... Et puis elle était belle Mary Travers....mais la première fois, je n'avais pas l'image, juste les voix. Ces folksingers osaient les chansons de cette poésie rebelle qui se bat sans mégoter ni barguigner, ni torticuler pour faire le top du hit du show avec des artifices discutables.

mary t.jpg

Et même en anglais, (de New York City) il se passait quelque chose.

Tu vois Zazie, c'est pas une question de langue, c'est une question d'histoire, ou d'histoires, il y a des chansons qui racontent des histoires, ou une histoire, celle des hommes. Et que ce soit en français, en anglais, en espagnol ou en javanais, c'est ce genre de chanson que j'aime. Une anecdote pour finir, il y a 30 ans je faisais tourner pendant des heures un album de Leonard Cohen, avec une chanson « My gypsy wife » et chaque fois, cette chanson provoquait la même émotion intense, je n'ai jamais cherché à traduire, sauf il y a quelques jours, en rangeant des vieux souvenirs, tu trouves un truc qui en découvre un autre, et un autre, et m'est revenue cette chanson avec ce solo de violon extraordinairement émouvant, et j'ai jeté un oeil sur le texte traduit, c'est en effet une belle histoire très émouvante, mais je n'ai pas eu besoin de la traduction pour le ressentir.

Parce que dans cette chanson Leonard Cohen s'est « foutu à poil » justement.

Last but not least, il est prévu qu'il vienne chanter en France en 2013 ; on n'est jamais à l'abri d'une bonne nouvelle.

 Norbert Gabriel

 Bande son;

 « Puff the magic dragon » « http://www.youtube.com/watch?v=Wik2uc69WbU

 « My gypsy wife » http://www.youtube.com/watch?v=inLC2cYyJwU (première version) cette chanson est toujours au répertoire de Leonard Cohen.

 PS : que l'Auvergne n'entre pas en éruption, je n'ai rien contre Clermont-Ferrand, j'aime beaucoup cette région, et ses indigènes, Riom, Mozac, Vialatte, Gergovie, Thiers, et St Paul de Landes et du Cantal, c'est juste le rock anglo-arverne qui m'agace. Et le bal folk de Laroquebrou mérite le détour.

 PS 2 : L'agacement n'étant pas mon état favori, et puis ça finit par gâcher le teint, j'ai pris la résolution ferme de commencer la nouvelle année avec un salut à L'espoir têtu de Serge Utgé-Royo (au sujet de la chanson francophone) et aussi à Henri Courseaux dont le projet de conférence didactique sur la chanson à texte promet quelques bons moments de culture et d'humour... Plus que quelques heures... Ce n'est qu'un début, continuons le débat.

 

 

 

 

 

11:40 Publié dans Blog, Musique | Lien permanent | Commentaires (6)