Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Rechercher : mon enfance rouge

Mon enfance rouge

 

Mon enfance rouge...

 

Le temps des cerises... et le chiffon rouge..

 

Quand nous chanterons le temps des cerises

Et gai rossignol et merle moqueur

Seront tous en fête

Les belles auront la folie en tête

Et les amoureux du soleil au cœur

Quand nous chanterons le temps des cerises

Sifflera bien mieux le merle moqueur

 

Ça a commencé avec le temps des cerises, celles qui nous étaient promises par le cerisier loué pour la saison. Car nous avions dans un grand pré, une huitaine  de cerisiers devant la maison, (celle évoquée dans les tartines à Pierrot) et chaque famille pouvait louer son cerisier pour l'été. Des grosses cerises bien juteuses, dont on pouvait se barbouiller à l'occasion, pour se faire la peau rouge de Cochise, Aigle Noir, ou Yawatha. Le temps des cerises, c'était le prélude à l'été et aux grandes vacances.

Et puis ça a continué  par la grâce d'une rentrée à la nuit tombante, en hiver, en longeant le monastère à l'heure de vêpres, ou un truc comme ça, ce fut la révélation des chants choraux, par les Frères Maristes de Saint Genis Laval, producteurs de la très réputée Arquebuse de l'Hermitage, une potion-liqueur médicinale élaborée avec 33 herbes secrètes cueillies dans les collines environnantes. Un élixir que chaque famille se devait d'avoir dans sa pharmacie, avec l'aspirine, du Rhône bien sûr, de l'eau oxygénée, et du mercurochrome. Avec ça on était paré pour survivre à toutes les avanies de santé et de genoux écorchés. Mais les frères ne jouaient pas que de l'alambic, ils chantaient aussi vêpres, en latin et en chœur, avec orgue, et c'était magnifique. Jusque là, je ne connaissais que les chanteurs, d'opéra ou de chanson, Caruso et Montand, Chaliapine et Rina Ketty, Trénet et Renata Tebaldi, Luis Mariano et  La Callas. Les chœurs des Frères, ça m'a révélé aussitôt une vocation foudroyante d'enfant de chœur, en habit rouge comme il  se doit. Les cerises, la tenue d'enfant de chœur, le rouge était mis.

Par ailleurs, mon ébéniste de grand père, tout passionné d'opéra et de bel canto qu'il fût, avait des sympathies pour les communistes, pas tellement ceux de Moscou, mais ceux de Yougoslavie, et Tito, parce qu'il avait réussi l'inimaginable, fédérer la Yougoslavie, et par sa relative indépendance vis-à-vis du Kremlin.

Ce qui précède explique pourquoi j'allais au catéchisme et parfois au patronage (pour faire des courses sur échasses) avec « Pif le chien »  sous le bras. Le curé, connaissant le communisme de mon grand père - courant Peppone-Don Camillo- ne s'en fâchait pas plus que ça. D'un côté, le curé nous racontait Jésus et ses potes, de l'autre l'école publique nous enseignait la république et ses mérites, Jésus voulait qu'on s'aime les uns les autres, les communistes voulaient l'égalité et le partage des richesses, c'était cohérent.

C'est  pourquoi j'en suis venu très vite à la déduction personnelle que Jésus était le premier communiste de l'histoire avec ses principes de partageux. Quid des partageux ? ça on l'avait appris à l'école publique, c'était ainsi qu'on fustigeait les socialo-communistes vers 1900. Ceux qui voulaient partager, comme Jésus. Et pour preuve de l'excellence de ma théorie, le drapeau communiste est rouge, les cardinaux sont en habit rouge, l'internationale est rouge, il était donc patent que Jésus, Marx, Pif le chien, le Père Noel étaient d'une même famille , celle des lendemains qui chantent le temps des cerises. Rouge, vous dis-je !

 

Accroche à ton cœur un morceau de chiffon rouge
Une fleur couleur de sang
Si tu veux vraiment que ça change et que ça bouge
Lève-toi car il est temps

La première faille dans les enseignements du catéchisme, ce fut le coup des indulgences... Ah là là, les indulgences ... Mon schisme  personnel commençait. Pour les mécréants, ou les oublieux, l'indulgence est un avatar de la confession et de l'absolution, avatar qui dispense de la peine, et il y eût quelques prélats rapiats qui vendaient des indulgences, passez la monnaie. Des indulgences, il y en avait plusieurs, je résume, ça pouvait s'acheter comme les homards, tarif selon grosseur, (tiens encore du rouge !)

Petit schéma du principe : un gros péché = une grosse pénitence, mais on peut racheter la pénitence avec une grosse indulgence, et/ou un gros chèque.. Deux observations-réflexions concomitèrent avec cette histoire ; dans les environs immédiats de mon périmètre de vie, je ne voyais pas de pécheurs assez riches pour acheter les indulgences  pour des péchés qu'ils ne commettaient d'ailleurs pas. Dans l'ensemble, on avait le péché modeste, on bricolait au mieux dans la peccadille,  il y avait des chapardeurs, des menus gredins, rien que du véniel qui se lave d'un coup d'éponge confessionnelle, pas besoin de casser la tirelire, les confessions se terminaient toujours par 3 Pater et 5 Ave, ça se fait comme qui rigole,  en moins de 3 minutes et en pilotage automatique.

Donc, évalué à cette aune, on ne devait pas être des voyous de haut vol, à part les vols de cerises... car, par pur souci d'égalité et de fraternité, il fallait bien s'assurer que les cerises du voisin avaient le même goût que les nôtres, celles de nôtre cerisier de location. La réflexion qui suivit l'observation, ce fut que les grosses indulgences, les gros péchés, et les grosses factures y afférent  c'était réservé aux riches. Une espèce rare dont je n'avais pas de spécimen en vue pour vérifier la nature de leurs turpitudes sur-tarifées. En résumé, le cri du cœur, « C'est pas juste » résumait le fond du problème. Nous on n'avait pas les moyens, et ces péchés à géométrie variable, c'était de l'injustice.

Mais ma réflexion,  je l'ai gardée en mon for intérieur, je ne suis pas allé faire le raisonneur qui la ramène, je sentais bien le sujet sensible, et peu propice à un débat avec le curé, parce que c'était un brave type, et je pressentais bien que j'allais lui faire de la peine avec mes questions de suppôt de Pif le chien. J'ai gardé mes questions dans un coin, me réservant d'aborder le sujet plus tard avec Dieu him-self, à la prochaine occasion. Qui ne s'est pas encore concrétisée.

 

Mais quand reviendra le temps des cerises, sifflera bien mieux le merle moqueur..

Et tu vas pouvoir enfin le porter  Le chiffon rouge de la liberté
Car le monde sera ce que tu le feras  Plein d'amour de justice et de joie

 

En toute logique, j'aurais dû aussi me vêtir de rouge, j'y ai pas pensé, le rouge intérieur devait me sembler suffisant, un peu comme le rouge sang universel. Il me plait de penser que je suis un fragment d'universel, et si ça se trouve c'est vrai ? On n'est jamais à l'abri d'une bonne nouvelle.

 

Norbert Gabriel

 

PS : après ce rouge lyonnais, tendance Beaujolais, je suis devenu auvergnat, par naturalisation chansonnière. Mon initiateur es-guitare était un religieux d'un ordre missionnaire, et parmi les premières partitions il y eût « Chanson pout l'auvergnat » comme c'était à Riom, j'étais raccord, avec les paroles, la musique et la géographie. Et vous allez voir comme c'est étonnant la chanson, en trottinant sur des sites et forums du web, j'ai virtuellement sympathisé avec une internaute, dont au fil des mois, j'ai appris qu'elle est d'Auvergne, et pas seulement, elle vit à 3 kms de Riom, et de mieux en mieux, elle venait parfois faire ses courses dans le magasin que tenaient mes parents, son frère habitait dans le même immeuble, 14 rue St Amable, voilà pourquoi, avec Georges, nous chantons pour Danièle, (c'est un private joke)

 

Elle est à toi cette chanson

Toi l'auvergnate qui ce matin

M'a retrouvé ce fameux nom

De mon professeur de latin

Ce n'était rien qu'un souvenir

De l'année de mes quatorze ans

Quand la guitare venait sourire

Sur un Fa majeur triomphant...


 

(tous ceux qui ont débuté en essayant de faire un grand barré sur les 6 cordes d'une guitare modèle Brassens, comprendront de quoi il s'agit, et du sentiment de victoire absolue quand les six notes sonnent clair)

Car tout finit par des chansons, et parfois, ça commence aussi par des  chansons...

 

 

 

St Thomas.jpg

Ici finit la France, ici commence l'Auvergne

 

(avec l'aimable participation de Jean-Baptiste Clément pour les cerises - de monsieur Clément- comme l'a chanté Michel Fugain, dont "Le chiffon rouge" de Maurice Vidalin est toujours à portée de main)

C'était plus beau qu'un Evangile
C'était des mots de maintenant
Mais il faudrait que nos enfants
N'attendent pas comme on attend
Qu'elles mûrissent les cerises
Que nous chantait Monsieur Clément

 

 

 

 

Lire la suite

Radio days, là bas...

 

Le soleil luit
Sur les villes et sur les champs
Tout là-bas un paysan
Suit sa charrue en chantant
Deux messieurs bien
Parlant de chasse et de chiens
Dans un bar américain
Boivent le whisky du matin


Un enfant bleu
Dans son berceau de bois blanc
Fermant ses yeux innocents
Meurt tout doux tout doucement
La Seine plie
Sous le ventre des chalands
Sur la berge deux enfants
S'enlacent en souriant

 
Cent mineurs crient
Sous le poids d'un continent
Là-haut passe un régiment
Il y aura dix survivants

Le soleil luit
Sur les villes et sur les champs

 

tsf1.jpgC'est par la TSF de mon grand'père que cette chanson est entrée dans ma vie, au sens propre, elle parlait d'un enfant bleu, et nous avions une petite voisine qui était cette enfant bleue mourant tout doucement... Comment une enfant de 10 ans peut-elle mourir d'une maladie bleue?  C'est joli le bleu, les maladies rouges, on connaissait, la rougeole, la grippe fiévreuse, l'angine rouge, les genoux sanguinolents, mais du bleu ?? à part le bleu de méthylène...

 Actualités, c'est aussi la radio qui fait voyager, on allait déjà voir là-bas si on y était, vers les nuits du bout du monde, là où il y a une rue qui monte et ne descend jamais... De la bourlingue au fil des ondes, sur des voiliers imaginaires vers des îles au trésor à découvrir.

Dans ces grands voiliers mythiques, il y avait des capitaines de génie, mais cette marine était gouvernée par une discipline impitoyable, souvent une machine à broyer les marins, c'était le prix à payer pour la conquête des océans et des pays lointains...

Le reportage, tous les enfants, et même les grands, ont rêvé d'être Tintin, Rouletabille, Daniel Boone, puis Jack London, St Ex, Hemingway, Ambrose Bierce ou Robert Capa, pour aller dans un rade de Paramaribo ou d'Adélaïde, ou de Tampico, une sorte de Kabaret de la dernière chance ous'qu'on chante les vieilles rengaines du pays en pleurant dans son verre de tord-boyaux.

On se faisait ses propres images, avec les couleurs qu'on voulait, avec les musiques rencontrées quand on suivait la piste pour retrouver Charlie dans un piano-bar de Shanghaï ou de Harlem. Ce sacré Charlie qui ne devait pas s'embêter en faisant la coulée douce … et Mondieu-mondieu-mondieu-mondieu-mondieu, on se dit parfois qu'il y a des gens qui ont tiré la radio vers ces chemins qui montent et ne descendent jamais, tandis que d'autres ont plus le goût des autoroutes bien balisées et bien aseptisées.

Que restera-t-il de nos enfances quand le monde sera standardisé aux ukases des marchands de temps de cerveau disponible ?

Une chanson ?


Qui peut nous dire quand c’est fini
Qui peut nous dire quand ça commence
C´est rien avec de l´imprudence
C´est tout ce qui n´est pas écrit

L´enfance
Qui nous empêche de la vivre
De la revivre infiniment
De vivre à remonter le temps
De déchirer la fin du livre

(...)

L´enfance
C´est encore le droit de rêver
Et le droit de rêver encore
Mon père était un chercheur d´or
L´ennui c´est qu´il en a trouvé

Salut Mermet ..


PS: Ni dieu ni maître, mais des maîtresses, la liberté, l'égalité, la fraternité...

"Actualités" est une chanson d'Albert Vidalie et Stéphane Golmann, chantée et popularisée par Montand, (avec Henri Crolla à la guitare)

https://www.youtube.com/watch?v=njfz4cwwyrI&feature=kp

 

 

 

 

 

 

Lire la suite

Lettre à la guitare perdue, et la demoiselle triste...

 

La guitare n’est pas un instrument de musique

comme la harpe à queue,

le piano domestique

ou le lamentorium ou la fraise du dentiste.

La guitare simplement appelle la musique quand la musique appelle la guitare.

Crolla n’est pas un instrumentiste, il a besoin de la musique et l’appelle avec sa guitare,

il l’appelle si ingénument, si simplement, si tendrement, qu’elle vient.


Et elle fait la belle, la tendre, l’insolite, la sauvage, la lointaine, la désarmante, la déchirante.


Crolla l’aide à faire ce qu’elle veut.


Jacques Prévert

 

Lettre à la guitare perdue, et la demoiselle triste

 

demoiselle triste.jpgUne demoiselle avait une guitare qu'elle chérissait tout spécialement, c'était sa compagne, sa complice, son fétiche, celle qui avait donné les jolies notes, les notes justes pour les jolis mots de la demoiselle qui faisait des chansons. Des chansons partagées avec des amis, de toujours ou de rencontre qui ont vécu, avec elles, la demoiselle et sa guitare, des émotions, des rires, toutes ces choses qui naissent des chansons.

Les violons, les guitares, ont un charme particulier, un sortilège, qui crée des liens, peut-être grâce aux bois qui continuent à vivre une vie d'arbre qui avait commencé les pieds dans la terre et la tête dans le ciel.

Et cette vie se prolonge en notes de musique, en accords et échos qui gardent l'écho des vents oiseleurs, des oiseaux de passage faisant chanter les feuilles.

Il y a un peu de tout ça dans une guitare ou un violon, un chant venu du fond des âges... Imaginez un peu, le Viotti, violon créé par Stradivarius en 1709 , dont l'épicéa qui le compose avait sans doute quelques dizaines d'années, des racines plantées dans une terre millénaire, et dans le chant du Viotti*, c'est le chant d'un monde oublié qui se prolonge... Qu'y avait-il dans les bois qui faisaient vibrer la guitare de la demoiselle ? Un chant des Mille et une nuits ? Puisque la guitare est née arabe et nomade, c'est bien possible.

La demoiselle avait perdu sa guitare, elle avait disparu, comme ça, après un soir de concert, sans bruit, sans tapage, sans savoir comment, elle n'était plus là. Et comme dans la chanson de Félix**, partie sans voir le grand trou qu'elle laissait dans le cœur de la demoiselle.

Mademoiselle, ne pleurez pas, pas trop... peut-être que cette guitare vous avait tout donné, le meilleur d'elle-même, elle ne pouvait pas aller plus haut, peut-être a-t-elle voulu vous faire comprendre que vous deviez poursuivre votre chemin avec une autre, comme l'enfant quitte la main de sa mère pour une autre main. Mais ça, c'était trop difficile à dire tout de go, alors, elle s'est éclipsée discrètement, en douce.

Peut-être qu'aujourd'hui elle apprend à un jeune musicien un certain art du bonheur musical. Peut-être... Comme disait Prévert à Vian, une guitare n'est pas un moulin à légumes ni une tourniquette à vinaigrette. 

woody.jpgLa guitare de Woody était une machine de guerre contre les fascistes, celle de Crolla*** une amoureuse de la vie… 

crolla sourit.jpgTiens en parlant de Crolla, il avait offert à JacquesHigelin, pour ses 20 ans, une guitare, une Antoine Di Mauro, guitare qui a un jour disparu, volée dans une rue de Paris... Et quelques années plus tard, dans un village de Provence, Jacques voit près d'une décharge publique, SA guitare, sa Di Mauro, reconnue sans doute possible grâce à un détail très particulier.

Di Mauro coeur.jpgQuel angelot ami s'était donné la mission de rendre à Jacques, la guitare que Crolla lui avait offert ? On sait pas, on constate. Ce qu'elle a fait entre temps, on sait pas non plus. Ce qu'on sait, c'est qu'entre temps, Higelin était devenu un grand de la chanson. Et quand il a fait le Casino de Paris vers 1990, il a demandé à un luthier une réplique de cette guitare aux couleurs du spectacle, rouge et bleu... C'est une belle histoire, non ? Et en plus elle est vraie.

Pour finir sur les aléas de la vie d'artiste, voici comment le hasard est parfois heureux. Enrico Crolla, 12 ou 13 ans est un surdoué du banjo-mandoline, il fait les terrasses des cafés chics de Paris et gagne bien sa vie. C'est là qu'il est adopté par la bande à Prévert. Vers 1935, il a 15 ans, on lui vole son banjo, et Paul Grimaud chez Crolla 1938.jpgqui il a une chambre, le convertit à la guitare. En 1938, il sera un des espoirs du jazz dans les clubs où il rencontre Bill Coleman et quelques ténors du jazz venus à Paris. Il a sans doute été triste de perdre son vieux banjo d'enfance, mais l'histoire d'amour avec sa guitare Selmer Maccaferri l'a bien consolé. Et cette histoire d'amour n'a jamais cessé.  Demoiselle triste, votre chérie guitare aura toujours une place privilégiée dans votre cœur, même si une autre prend la suite...

On n'est jamais à l'abri d'une bonne nouvelle...

Norbert Gabriel

 

*Le Viotti est un des violons mythiques d'Antonio Stradivarius, un de ceux qui ont traversé les siècles et jouent avec les meilleurs violonistes du monde. Les meilleurs violons de Stradivarius ont été élaborés quand il avait plus de 70 ans.

**Le p'tit bonheur « J’eus beau le supplier, le cajoler, lui faire des scènes,
                                           Lui montrer le grand trou qu’il me faisait au fond du cœur.. »

*** Henri Crolla, le prince des accompagnateurs selon Philippe Meyer. Voir ici pour quelques infos :https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Crolla

 

NB Cette histoire étant malencontreusement réelle voici la disparue, si vous croisez quelque part quelqu'un qui vend une Tanglewood Sundance tw47B en étant un peu flou dans ses explications, sonnez le tocsin. Je ferai suivre, ou bien allez sur ce lien :http://carnetsdivresse.blogspot.fr/2015/07/ma-guitare-dis...

 

tanglewood-tw47e-sundance.jpg

Dernière heure, 6 Août 2015, message de la demoiselle : "J'AI UNE NOUVELLE GUITARE ET ELLE EST MERVEILLEUSE !!!" Nous attendons la suite, son prénom, son anatomie, sa chanson..

 

Et tout est dans les carnets: http://carnetsdivresse.blogspot.fr/2015/08/jai-une-nouvelle-guitare-et-elle-est.html

Nouvelle guitare demoiselle...png

 

Lire la suite

Plantez une Tomate sarde, insurgez-vous ! (Rediffusion)

                                    
                                     Una mattina mi sono svegliato
                            O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
                                      Una mattina mi sono svegliato
                                          E ho trovato l'invasor

 

Dans les grands combats contre l'injustice, contre les aberrations qui accablent les peuples, il faut parfois démolir une Bastille, ou faire sauter quelques symboles des iniquités et des abus de pouvoir.

On n'a pas toujours une bastille sous la main, aujourd'hui, citoyens du monde, de France, du Bélouchistan, ou du Klondyke, vous pouvez exercer chez vous votre droit légitime de protestation, portez haut et fort votre étendard de la révolte, facile et pas cher, plantez des tomates sur votre balcon, dans votre salon, mais des tomates SARDES.

 tom_camone.jpg

Et qu'est-ce qu'elle a la tomate sarde ? Elle est rouge-orange, elle est tomate italo-sarde, elle fait des sauces savoureuses pour la pasta asciuta, elle est tomate sarde depuis quelques centaines d'années.

 

La tomate Syngenta, vient d'être brevetée, par une multinationale, et les jardiniers tomatophiles de Sardaigne ou d'ailleurs sont désormais dans l'impossibilité de semer les graines des tomates qu'ils ont récoltées, ou alors il faut payer une taxe au détenteur du brevet. N'allez pas imaginer grands naïfs que vous êtes que c'est aux aztèques ou aux sud américains à qui on a emprunté les plants de tomates il y a quelques siècles vers 1520 par là que les royalties vont être versées. C'est en vertu – si on peut dire- du principe de brevetage du vivant, un peu comme le monstre Monsato cherche à interdire à Kokopelli de vendre des semences que nos aîeux cultivaient au Moyen-Age ou avant. C'est hallucinant, non ?

http://www.kokopelli.asso.fr/

Vous avez dans votre grenier des semences de courge ou de navets que votre mémé Cunégonde plantait au temps de Nostradamus pour en faire les confitures qui ont établi sa légende pour des siècles et des siècles, à Nostradamus, qui avait piqué la recette à votre mémé, vous envisagez de refaire des confitures à l'ancienne, c'est le cas de le dire, stop ! Interdit, verboten, prohibido, forbidden, car les grandes multinationales n'ont pas déposé de brevet sur la courge de Chambord dont François I er et Gargantua faisaient leur régal ordinaire en soupe, en tarte ou en compote. Toute semence de plante potagère est donc soumise aux ukases de ces accapareurs de nature. Toute semence … le brevetage du vivant... dans cette logique, attendez vous à savoir dans pas longtemps que tout bipède humanoïde, baptisons-le Tartempion, ayant dans l'idée de procréer quelque rejeton pour assurer sa descendance pourra se voir taxé par les labos pharmaceutiques Mon-Servier au motif que ces labos ont produit le sirop Typhon grâce auquel Tartempion a été guéri de son rhume du genou dans sa prime enfance, guérison qui lui a permis assurément de copuler avec mademoiselle Tartempionne, avec les conséquences fréquentes dans ces cas là, un bébé Tartempionou. Qui arrivera dans la vie dûment estampillé, tiens avec une vignette tatouée sur les fesses, et une taxe versée au labo qui a fait le sirop Typhon etc etc.

Reste plus qu'à prendre un décret rendant obligatoire le vaccin au sirop Typhon et la boucle sera bouclée.

La tomate Camone, c'est ce qui lui arrive : vous êtes sarde tomatophage de Camone depuis Garibaldi, ou peut-être même depuis Napoléon, et voilà que votre sauce tomate personnelle, plantée dans votre jardin, (la tomate, pas la sauce) avec des semences que votre famille se transmet depuis la marche des Mille (le voyage de Garibaldi de la Sicile à la Lombardie pour le Risorgimento) vous envoie dans les antichambres des palais de justice si vous ne payez pas la rançon aux nouveaux prédateurs et accapareurs des produits naturels.

Voilà pourquoi j'ai planté des tomates Camone sur mon balcon, bien tempéré, avec des semences hors-la-loi, je refuse d'être rançonné par des hyènes internationales qui viennent jusque dans nos potagers taxer nos légumes et nos tomates. Aux armes citoyens, plantez vos potirons, lançons lançons la tomate de l'insurrection, No pasaran los salopios qui veulent rétablir la gabelle maraîchère, c'est le moment d'entrer en résistance, demain il sera trop tard, plantez, plantez sur vos balcons, n'oubliez pas l'arrosage régulier, et pour ne pas aggraver la situation des eaux domestiques, récupérez les eaux de pluie.. Vous me direz que si ces eaux ont visité le ciel de Tchernobyl ou de Fukushima, vous risquez d'avoir des tomates mutantes aux couleurs psychédéliques et aux formes surréalistes, c'est un risque et une surprise possibles, la vie aventureuse, quoi ! Et des couleurs irradiantes dans vos spaghettis, c'est ça qu'est fun !

Vive la tomate li-bre !

 

Mutinez-vous, lutinez-vous, et … Ça alors !! Voilà ce que j'apprends en lisant le journal des turpitudes des breveteurs du vivant, je cite l'extrait texto :

« Que penser également d’une tendance actuelle qui veut que les entreprises privées qui ont séquencées le génome d’une plante ou d’un animal existant et d’en déduire que, de fait, la plante et l’animal leur appartiennent ? Ainsi, la multinationale Monsanto tente d’obtenir des autorités américaines un brevet sur des séquences d’ADN de porcs naturels (non modifiées génétiquement) mais jugées très performantes sous prétexte qu’elle a décodé leur ADN… Si cette demande est agréée, des animaux qui sont largement présents dans la nature seront assimilés à la propriété intellectuelle de Monsanto. Les éleveurs du monde entier pourraient donc, dans un avenir pas trop lointain, être obligés de verser des redevances à l’entreprise pour des animaux conçus tout à fait naturellement. Extrapolation: Si Monsanto séquence votre ADN vous leur appartiendrez. Est-ce l’étape suivante?

 

Ça y est, on y est, si vous croyez que ce qui précède n'est que calembredaines et billevesées consécutives à un excès de Jim Beam (Salut à Doc Caloweb) ou de Verveine de Montaligère,à défaut d'Arquebuse de l'Hermitage, visitez le lien ci-dessous :

http://www.marianne2.fr/Vers-le-brevetage-du-vivant_a2130...

je crains que ça ne vous fasse moins rire. Il n'y a pas de raison que je sois le seul à rire jaune.

Shamanou qui suit mes divagations sur l'écran du coin de l'oeil (Shamanou c'est mon chat, 4 ans et demi) me signale un autre scandale qui m'avait échappé, mais il se sent concerné-solidaire :

FULGATOR un fabricant de pesticides, a vendu un produit réputé anodin pour se débarrasser des puces à une acheteuse de bonne foi. Ses deux chats sont morts dans les deux jours suivants! Émoi, protestation… Réponse du fabricant qu’on interpelle : “à vous de vous renseigner sur les effets du produit que vous achetez…” Les Romains avaient déjà ce principe que c’est à l’acheteur de se protéger.

CAVEAT EMPTOR ! *

Que ça m'ait échappé , c'est normal, nous n'avons pas de puces, ni lui ni moi, mais nous avons une conscience parfois citoyenne et les errements du monde nous préoccupent. Ainsi donc, les labos mettent au point des trucs vendus dans le commerce, MAIS « “à vous de vous renseigner sur les effets du produit que vous achetez… » et comment ça s'il vous plait ? En essayant sur les voisins ? Et on se renseigne comment ? Avant ou après ? J'achète une tomate, ou deux, et là, qu'est-ce que je fais pour vérifier les effets secondaires ?

Si l'on suit l'exemple du Fulgator, ces labos ont trouvé un moyen radical d'éliminer la maladie en éliminant le malade. Est-ce bien raisonnable ?

Autre question de fond, quand j'achète un jouet en bois, tiens un petit camion de pompier, restons dans le rouge, il y a une notice informative, « Ne pas ingérer » et un codicille «  Ne pas donner aux enfants de moins de 3 ans » Des fois qu'il vous viendrait l'idée rigolote de nourrir vos bambinets avec des jouets en bois. Dans ce cas, c'est aussi cette phrase qu'il faudrait mettre en exergue : “à vous de vous renseigner sur les effets du produit que vous achetez…”

Et à l'heure où les gens de la politique appliquent les mêmes recettes de com' que les gourous du mercantilisme élevé au rang d'évangile moderne, voici un bandeau à imprimer, à découper, et coller sur l'écran de votre télé, si vous avez une télé, ça va être la saison. Votation piège à ... quoi ???

...........................................................................................................................................

C A V E A T     E M P T O R ! 

à vous de vous renseigner sur les effets du produit que vous achetez…”

..........................................................................................................................................

Le même pour votre carte bancaire

 ................................

CAVEAT EMPTOR !

................................

(Ou votre carte d'électeur)

*http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mon-chat-est...

 

tomates.jpeg


C'est Noël, les sapins sont verts, les pères Noël sont rouges, les tomates aussi, mais les jours vont rallonger d'une minute, on n'est jamais à l'abri d'une bonne nouvelle. Même à Noël ...

 

Norbert Gabriel



Lire la suite

Tranche de vie, et d'été.

 

Tranche de vie (et Hadopi)

 

Dimanche 5 Juillet, 23h55, Bld Barbès, Paris, dans ma voiture, j’attends tranquillement au feu rouge qui régule l’entrée de la rue Simart sur le boulevard... en écoutant une nouvelle émission de France Inter, ça parle de Cuba et de musique...

Ça pimponne derrière moi, un fourgon de police arrive à vitesse réduite, et passe benoîtement au rouge. Et continue tranquillement son p’tit bonhomme de chemin. Et ça me fait penser à Hadopi... Mais c’est n’importe quoi, gueule un diablotin intérieur qui aime susciter la polémique !!!

Mais je ne me laisse pas déstabiliser par cet olibrius virtuel, et je continue ma rotation patiente pour trouver une place de parcage pour mon char automobile ( je fais une poussée éruptive de québécois élémentaire, car je viens de raccompagner deux cousines du Québec, des vraies, qui ont teinté leur parlure de ce parfum unique made in joual) Donc, entre le feu rouge escamoté par le char policier, et la foultitude d’interdictions qui m’obligent à tourner pour trouver une place conforme aux obligations, je m’introspecte le cabochon sur toutes ces atteintes liberticides qui sont inscrites dans le code de la route. Pas spécialement parce que la loi m’en veut personnellement, mais sous prétexte d’éviter les accidents et les dommages à autrui, on m’oblige à respecter la priorité à droite, oui à droite, ce qui est une souffrance permanente pour ma conscience crypto-gaucho-anarcho-libertaire. On m’oblige à respecter des limitations de vitesse, même de nuit, sur autoroute déserte, quand mon fringant coursier 4 cylindres turbotés, freins à disques (pas des vinyles, ni des CD, c’est de la mécanique), pneus Michelin grand cru Bibendum 3 étoiles, et phares longue portée, quand ce Pégase de la route serait tout disposé à foncer à 145 chrono comme qui rigole, mais non, interdit, 130 max....

On m’oblige aussi à conduire à jeun, ou presque. Quand j’ai passé mon permis, un alcoolo motorisé responsable d’ un accident bénéficiait de circonstances atténuantes « l’a pas fait exprès, l’était saoul » Aujourd’hui, c’est circonstances aggravantes, t’as même plus le droit de manger un sandwich Bérurier en téléphonant à ton banquier, ou à ta copine, paf, P.V. !!! Quid du sandwich Bérurier ? Voilà, prendre une baguette , l’ouvrir dans le sens de la longueur, et disposer successivement trois tranches de saucisson, puis un morceau de bœuf bourguignon, puis un demi camembert, vous arrivez à l’autre bout de la baguette, il reste la place pour le dessert, une religieuse au café (ou au chocolat, c’est selon vos goûts) et pour faire glisser une demie de Beaujolais, ou de Rosé de Provence ; voilà un repas complet, équilibré selon les préceptes diététiques de Béru. Qu’est-ce qu’on disait au fait ?? Ah oui, c’est interdit au volant. Même au feu rouge. Que le fourgon de police escamota à 23h 55, ce dimanche soir. Bien sûr, je comprends que l’urgence d’une intervention nécessite des décisions parfois à la marge, voire hors de la marche normale des véhicules, mais là, ce n’était pas le cas, le fourgon roulotta tranquillement vers Barbès sans excès de vitesse, sans agitation superflue. Donc il y a des feux facultatifs, je ne sais pas ce qui les distingue des feux impératifs, ou alors je n’ai pas la qualification pour évaluer entre le facultatif et l’impératif, ce doit être ça.

Et pourquoi donc ça t’a fait penser à Hadopi ? M’interlocutez-vous avec à-propos ? Ben le code de la route, tiens pardi ! Le dit code a pour but d’éviter les accidents et de préserver des vies humaines, si possible. Au prix d’un arsenal de contraintes liberticides, puisque je n’ai pas le droit de franchir les stop, les lignes jaunes ou blanches, ni les feux colorés... Sauf le feu vert, qui est dans le sens de l’histoire depuis longtemps, même s’il ne le savait pas. (le vert de l’écolo, pour passer sans péril vers l’avenir)

Hadopi ,c’est comme le code de la route, ça part d’un bon sentiment, mais il faut le faire évoluer, et ne pas se tromper de cible. Et qui dit code, loi, régulation dit forcément contrainte. Le tout est d’évaluer quel sera le seuil de tolérance de ces contraintes, et les limites.

Par rapport aux années 50, un automobiliste de 2009 hurlerait à la mort devant toutes ces interdictions : interdit d’être ivre au volant, interdit de rouler à 200 avec une Ferrari, une Porsche, une Bugatti, une Jaguar, une Alfa-Roméo, une Mercédès, interdit de rouler avec 12 passagers dans une Fiat 500, ou une Deuche Citron, interdit de rouler sans assurance, ben oui, l’assurance auto n’est devenue obligatoire qu’en... 1958 !

Toutes ces contraintes qui ont amputé la liberté de l’automobiliste ont été imposées pour des questions de sécurité. Comme la ceinture du même nom. Quel était l’alibi d’Hadopi ? Préserver la création mise en danger par l’idée que tout étant gratuit sur Internet, il est devenu inconcevable pour pas mal de gens d’acheter de la musique, c’est totalement has-been comme attitude, et pour beaucoup l’idée de droit d’auteur est une notion surréaliste, qui n’aurait plus lieu d’exister... Ce qui nécessite des mises au point sur le statut de l’artiste, et rapidement.

Car tout le monde est bien d’accord pour payer l’ordi, les abonnements, les fournisseurs d’accès et tout le fourbi, on veut bien payer les tuyaux, mais pas ce qui circule dedans. J’aimerais bien que ça fonctionne aussi pour le carburant de ma vénérable voiture, mais non... C’est bête... Je dois être un peu has-been comme type.

Bon, il faut que j’y aille, traverser la France (en respectant les feux rouges) pour aller faire des confitures de mûres avec Luc et Clara, et pouvoir m’arsouiller au passage avec les pavés montargois, les nougâtines de Nevers, les pastilles de Vichy, pour la digestion sereine, et à moi les succulences fromagères du Cantal, de l’Aubrac et autres paradis verts. Et les derniers bulletins du front m’informent que la récolte de mûres s’annonce généreuse. On n’est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle.

 

Norbert Gabriel

 

Pour la route agréablement musiquée à la carte, quelques bons vieux disques "L'homme de la Mancha" donnera la sérénade à la toute nouvelle  "Princesse Micomiconne", avec  un "Zipholo" de Chris Gonzales, et je suis en vue de Montaligère, et justement l'écho de Ricet...

Cré vin dieu!

Voilà l'été, les vacanciers vont arriver
Y s'en viennent on sait pas d'où
Y s'en vont par un autre bout
Voilà l'été, c'est l'invasion des vacanciers.


C'est les vacances, c'est la transhumance
Les vacanciers, c'est comme les sauterelles
Quand ça tombe, c'est pire que la grêle
D'un seul coup, on en voit partout
Y a vraiment que la pluie qu'arrive à en venir à bout, ouh!


C'est les vacances, c'est la transhumance
Les vacanciers, y sont comme la pluie
Quand elle vient, on lui dit merci
Mais on se sent mieux quand elle est partie
Cré vin dieu!
Voilà l'été, les vacanciers vont arriver
Y a qu'une chose que je comprends pas
C'est pourquoi qu'y viennent ici
Moi, quand je veux des belles vacances
Je monte à Paris
!

Lire la suite

Les ricains 6 Juin 44

Capa 6 juin.jpg

 
Si les Ricains n'étaient pas là
Vous seriez tous en Germanie*
A parler de je ne sais quoi
A saluer je ne sais qui.

 

* Depuis quelques années on sait que ce serait plutôt "Vous seriez tous en Bolchevie" si j'ose dire, mais en 1968, le mythe américain faisait rêver  ..  Le rideau de fer un peu moins...

 

Bessie Smith, Crazy Horse, Strange fruits, Wounded Knee, Sand Creek et quelques autres pages noires de l'histoire des USA restent présentes, envers et contre tout . Mais le 6 juin, je ne peux m'empêcher d'avoir dans la tête cette chanson « Les ricains » ces ricains que les gens de ma génération ont toujours perçus comme les libérateurs venus rendre à La Fayette le service rendu 267 ans avant.

 

Dans les années 70, Michel Sardou a chanté « Les ricains »... Dans la version originale, il y avait un extrait de voix hitlériennes pour planter le décor. Ce qui a suffi à quelques follicullaires pour fustiger une apologie du nazisme, et se dispenser sans doute d'écouter la suite.. Dont le sens est assez clair pour n'importe qui ayant une compréhension normale du français... Il y eût une récidive des mêmes (repris parfois en 2018) pour considérer que cette pochade « Le joli temps des colonies » est une ode au colonialisme... Peut-être que ces lectures particulières conduisent aussi à démontrer que Ferré était zoophile avec Pépée, et Brassens pédophile avec «  La princesse et le croque notes » ...

Mais revenons au 6 Juin et aux ricains avec la première version enregistrée en 1968 sur 45T puis en 70 sur 33T (dans les suivantes, l'intro et le final ont été supprimés. )

 


 

 

La même, en direct, avec le geste qui a aussi provoqué des réactions à ceux qui ont les portugaises ensablées.


 

On ne va pas se priver d'une parodie de Renaud, mais je me demande s'il assume aujourd'hui ses points de vue sur la question...


 

Et parfois je me dis qu'il n'a pas toujours tort Sardou... Le constat est cruel et il y en a pour tout le monde...

 


 

Pour finir sur une note plus fantaisie, voici ce qui a nourri les enfances des old timers nés dans les années 40, avec Mickey et Hyawatta... l'immense Cab Calloway et Betty et quelques grains de poivre dans l'ice-cream à la vanille... Merci aux ricains pour ça..

 


 

Norbert Gabriel  6 Juin 2018

 

 

Lire la suite

Déclaration d'amour

 

Déclaration d'amour à Bernard Dimey

 

Rendre hommage à un auteur, et lui rendre un hommage à la dimension de son talent, n'est pas chose facile. Et ça ne se fait pas en bricolant une compil' de ses succès, pour que ça percute dans le public, en surfant sur les airs connus, qui réduisent un auteur à une ou deux chansons, et à une caricature. Ce dont Bernard Dimey a été la victime très souvent. Il n'est pas que l'ogre clownesque du folklore du trottoir montmartrois, Dimey, c'est beaucoup plus, c'est un auteur d'une dimension rare. Avec des textes grandioses, tragiques et superbes, désespérés et truculents, humains jusqu'au plus profond de l'être.

 

« J'avais dans le regard des feux inexplicables »

« Et je disais des mots cent fois plus grands que moi »

 

Voyageur sans frontière sur les voiles du rêve,

« Nous referons le monde, oscillants mais debout »

« Heureux de découvrir que si la terre est ronde »

« On est aussi ronds qu'elle , et on s'en porte bien.. »

 

Dans des sillages risqués, où l'on se perd parfois

 

« Je sens que le jour vient de la nuit qui s'installe »

« Une superbe nuit, sans planètes ni rien »

« Où j'irai naviguer, visitant les étoiles »

«  Et parler de la terre où l'on était si bien . »

 

On a cherché l'Eden de nos enfances, mais

« Quand on se prend pour un seigneur »

« Il faut être armé jusqu'aux dents »

« Regardez bien la gueule que j'ai »

« C'est le grand Guignol en partance »

« C'est du désespoir en vacances »

« C'est impossible à corriger »

 

Et l'enfance qui réinvente la vie est passée,

« Il est terrible, mais vraiment terrible le jour où cette chose arrive »

«  Le jour où cette vérité vous éclate à la gueule, »

« Il est vraiment épouvantable de se voir en pied

« Et de réaliser brusquement qu'on est moche et gros »

« Qu'on est l'inverse absolument de ce qu'il aurait fallu »

« L'inverse exactement de ce qu'on voulait, de ce qu'on cherchait »

 

qu'on aurait voulu être, et qu'on ne sera jamais. Alors

« Ivrogne et pourquoi pas ? «

« Ivrogne ça veut dire un peu de ma jeunesse »

« Un peu de mes trente ans pour une île au trésor »


 

Pour connaître des envols et des naufrages superbes,

« Je croyais autrefois, à l'âge des étoiles, et des sources »

« et des rires, et des premiers espoirs,

« Etre né pour tout dire, n'être là que pour ça »

« Je me suis avancé parmi vous, pas-à-pas, »

«  et l'on m'a regardé comme un énergumène »

«  Un polichinelle au sifflet bien coupé, qui savait amuser son monde...

«  à la rigueur le faire un peu sourire, le faire un peu pleurer.. »


 

Et chanter les mirages qui font briller les yeux

« Pépère écoute pas ça, c'est du mélancolique »

« à chaque fois qu'tu l'entends, tu t'fais ton cinéma »

« Ça te rappelle des trucs cette espèce de musique »

« Ça te rappelle Germaine, mais ça tu l'diras pas »


 

La chanson cette fille des rues qui se donne gratis, qu'on partage à l'envi,

cette belle voyageuse,  amoureuse,  indomptable  feu follet

 

Les chansons... Les refrains qu'on fredonne en sourdine
Entre l'île Saint-Louis et le pont Mirabeau
Quand Mon pote le Gitan s'endort dans sa verdine
C'est comme un beau poison qu'on aurait dans la peau
Moi qu'écris des chansons pour occuper mes heures
Je voudrais en faire une qu'on n'oublierait jamais
Afin que, parmi vous, un peu de moi demeure
Comme une fleur vivace aux Marches du palais.


 

D'un manque à vivre, en bestiaires truculents, la mer à boire n'a pas suffi à désaltérer cet albatros volant vers des soleils superbes, vers tous les horizons, par-dessus les montagnes, par-dessus les nuages, cet enfant maquillé  qui ressemble à vos rêves, archange désabusé d'un dieu inexistant qu'il faut réinventer, et moi qui n'y crois pas j'écrirais des cantiques, mais,

 

« Mais l'âge m'est passé des sermons de ce genre, »

«  Je ne dirai pas tout, »

«  Or, tout me reste à dire. »

 

Salut Bernard Dimey.

 

Depuis quelques années, Valérie Mischler a créé un spectacle sur Bernard Dimey, sans doute le plus  abouti, dans sa mise en majesté de ce Dimey trop souvent réduit à un cliché pour touriste du gai Paris. Au lieu de surfer sur les airs les plus connus, elle est entrée dans la vie de Dimey, et son spectacle est une superbe déclaration d'amour, et toi qui n'y croyais pas, Bernard, quand

«  tu taillais des succès d'ombres et de  superbes amertumes en alexandrins de bazar »

tu verras si tu passes par là, à l'Archipel en Mai 2010, que Valérie Mischler et Catherine Bedez ont su trouver la forme et le fond d'un bel hommage amoureux. En passant, signalons la mise en musique par Catherine Bedez de « Pépère », avec une mélodie dans la lignée des compositions de Chris Carol, Francis Lai, ou Gaby Wagenheim. Autre chanson originale au crédit de Catherine Bedez et Valérie Mischler, « La dame aux camélias » une revue façon Pigalle en 3' 05''.

Pour en savoir plus sur la genèse de ce spectacle, un entretien avec la maîtresse d'œuvre Valérie Mischler,

http://www.ledoigtdansloeil.com/rencontresM.html

pour écouter quelques chansons (je vous conseille vivement « j'aimerais tant savoir « )

http://www.myspace.com/valeriemischlerchansons

 

et il y a aussi un disque 12 titres, chez EPM  « Valérie Mischler chante Dimey 985 202)

 

En bonus final, quelques images du spectacle le 22 Mai à l'Archipel (Paris)

 

pano 2 VM 22 Mai.jpg


 

pano 3 VM 22 mai.jpg

 

Actuellement, Valérie Mischler et Catherine Bedez terminent une série de concerts à la Manufacture de chansons de Paris, dernière lundi 31 Mai. (avec Michel Glasko à l'accordéon)  S'il y a un peu de bon sens dans ce monde du show et du biz,  ces deux spectacles doivent figurer dans les agendas des programmateurs  en quête de pépites à partager.  J'espère qu'il en reste, des programmateurs avisés,  on n'est jamais à l'abri d'une bonne nouvelle.

 

Norbert Gabriel

 

 

 

Lire la suite

25/05/2010 | Lien permanent

Ni dieux ni maîtres

 

Ni Dieu ni maître.....

 

MOGADISCIO (AFP) - lundi 27 octobre 2008 - 18h01 - Une Somalienne jugée coupable d'adultère par un tribunal islamique a été enterrée vivante jusqu'au cou, puis lapidée à mort par 50 hommes lundi dans la ville portuaire de Kismayo (sud) contrôlée par les insurgés islamistes depuis le 22 août, a-t-on appris de source officielle. Des milliers de badauds s'étaient rassemblés sur l'une des principales places de la ville pour assister à l'exécution d'Aisha Ibrahim Dhuhulow.

" Notre soeur Aisha a demandé au tribunal de la charia islamique de Kismayo de la condamner et de la punir pour le crime qu'elle a commis", a expliqué à la foule un des responsables islamistes de la ville Cheikh Hayakallah. »

 

Un vieux proverbe de Babylone prophétisait jadis

 

« La femme est l’avenir de l’homme »



Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
....
Il a fallu des millénaires
Si nous sortons du moyen âge
Vos siècles d'infini servage
Pèsent encore lourd sur la terre
....

 

Depuis 10 000 ans, malgré les poètes et les prophètes, l’avenir est rouge sang pour les femmes des régions à l’Est du méridien de Greenwich. En 1998, une fillette afghane de 12 ans a eu les doigts coupés pour avoir verni ses ongles. Il y a quelques jours, le 27 Octobre 2008,  à Kismayo, Somalie, on apprend qu’une adolescente a été lapidée.

Les faits ne sont pas clairement expliqués dans le communiqué de l’AFP : cette adolescente de 13 ans allait voir sa grand-mère, dans la capitale Mogadiscio, elle a été violée par 3 hommes, ce qui au regard de la loi islamique est un adultère, (relation sexuelle hors mariage) puni de lapidation en public. Et Dieu dans tout ça ? Absent du débat, comme les auteurs du viol semble-t-il.

«  Le XXI ème siècle sera mystique ou ne sera pas » a dit Malraux. Avec le retour des intégrismes qui sévit un peu partout, il y a comme un malentendu. Mystique n'est pas religieux, religieux n'est pas forcément spirituel, même si Dieu est pur esprit selon les catéchismes.

Mais un dieu servi par des barbares de cet acabit, non merci. On a eu l’Inquisition avec l’Eglise de Rome, qui a beaucoup donné dans les horreurs sanctificatrices, voilà que certains islamistes perpétuent la barbarie la plus obscène.

Se déclarer athée valait le bûcher il n’y a pas si longtemps par chez nous. Et pour son salut éternel, le croyant exterminait allègrement, « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » C’est pas que j’aie pas confiance, mais si Dieu pouvait m’expliquer directement son point du vue, par exemple sur le vernis à ongles, je préférerais.

Que je sache, les athées et autres mécréants n’ont jamais coupé les doigts d’une fillette, ou lapidé une adolescente violée. Et si Dieu a un avis là-dessus, qu’il s’exprime clairement, pas par le biais de tradutorre-traditorre aux idées viciées par un obscurantisme antédiluvien.

 

Pour mémoire, les doigts coupés de la fillette et les Bouddhas de Bamiyan, c’était la même année. Que pensez-vous que l’histoire a retenu ? Dans la hiérarchie des informations, les statues de Bouddha ont largement devancé la gamine martyrisée. Mais quelles sont donc les valeurs de ce monde malade ?

 

   Cette procédure qui guette ceux que la Société rejette   
   Sous prétexte qu'ils n'ont peut-être ni Dieu ni maître   
   Cette parole d'évangile qui fait plier les imbéciles   
   Et qui met dans l'horreur civile de la noblesse et puis du style   
   Ce cri qui n'a pas de rosette cette parole de prophète   
   Je la revendique et je vous souhaite ni Dieu ni maître,   
       
    Ni dieux,  ni maîtres !   

 

Voici les mille et une nuits d’un cauchemar qui monte

Le ciel s’assombrit les étoiles se voilent

Elles ne veulent plus voir le rouge

Sur les doigts coupés d’une petite fille afghane

Sang indifférent aux grands pays du monde

Qui préfèrent les statues aux doigts d’une enfant

Ni dieu ni maître mais des maîtresses : la liberté, la vie,

 

et la chanson d’Eluard :

 

 

Comprenne qui voudra !
Moi, mon remords,

ce fut la victime raisonnable
au regard d'enfant perdue...

 

Dédiée aux talibans, aux présidents, et à tous ceux pour qui la déraison d’état sert de justification aux actions les plus ignobles.

Les USA viennent d'élire un président métis, j'espère que ça confirmera qu'on n'est jamais à l'abri d'une bonne nouvelle.

 

 

Norbert Gabriel

 

Merci à Ferrat, Aragon, Ferré, Eluard pour leur participation textuelle.

Lire la suite

Histoire de bouche

 

Histoire de bouche....

Ou « la conjuration des forces obscures....... »

 

Mon Dieu quel bonheur d’avoir un mari qui bricole, chantait Patachou... Quand il a écrit cette chanson Brassens montrait que le poète a toujours raison qui voit plus haut que l’horizon, et le futur est son royaume. Comme disait Ferrat.

En ces années 1953-54, la bricolomanie balbutiait entre bout de ficelle et boite de clous, le vrai bricoleur n’avait besoin que d’un couteau suisse, un peu de chatterton et un morceau de fil de fer (galvanisé) pour refaire quasi neuf le vélo de grand père, millésimé 1910, le vélo, pas le grand père, et le relancer sur les routes des vacances, je parle toujours du vélo.

Avec dans la musette, quelques œufs durs, des carrés de chocolat, une banane, un trognon de pain, et une ou deux Vache qui Rit, (ou Veau qui pleure, ou Vache sérieuse... ça existait aussi) ces triangles de crème de gruyère qui égalent le triangle des Bermudes en matière de mystère insondable. Le triangle de fromage fondu enveloppé d’un pyjama de papier aluminisé très près du corps est adorné d’une petite languette rouge, qui fait joli, et qui est, en principe, conçue pour éplucher facilement la victuaille. Toutefois, ainsi que l’a relaté l’éminent Pierre Desproges, il est avéré que l’assembleur de ce trinôme, fromage+enveloppe+languette devait être un pervers chafouin modèle haute compétition, car le dépiautage d’une crème de gruyère a toujours été un exercice de haute précision. De crise de nerfs parfois. Et de questions irrésolues ( C’est là que ça rejoint le triangle des Bermudes, dans les mystères inexpliqués)

De plus, cet inventeur était un précurseur, un prophète des temps où la conjuration des forces obscures atteindrait le zénith de son efficacité.

1 - Le moindre observateur des choses de la vie moderne peut vérifier la prolifération des enseignes de bricolage, première constatation.

2 - Le plus distrait des consommateurs a vécu personnellement les affres d’avoir à désincarcérer un CD de son habit protecteur : le film transparent se rit de vos ongles affûtés, il ne cède que devant l’Opinel affûté que vous cachez au fond de votre sac (arme de 6 ème catégorie, si-si, voyous présumés que vous êtes) quant au Laguiole éventuel, là, vous êtes un redoutable terroriste potentiel... mais bon, il faut avoir un Opinel dans son sac... pour couper le saucisson que vous n’avez pas oublié d’emmener au cas où.

Si ce n’est un CD, un DVD, ça peut être un objet, une babiole de 3 ou 4 euros, tiens une clé USB, protégée dans un emballage probablement mis au point par les ingénieurs de la Nasa pour la navette spatiale ... le genre de truc qui pourrait passer 3 siècles dans un égout sans subir d’altération notable... Une matière plastique dure qui nargue l’Opinel, seule la pince coupante en vient à bout sans risquer de se transpercer la main (avec l’Opinel qui dérape) ou un sécateur, qui est rarement l’accessoire ordinaire d’un citoyen urbain résidant au 5 ème gauche. En revanche, le rural est armé d’outillage idoine pour résoudre ces problèmes, la clé  USB ne tient pas le siège plus de 30 secondes, le temps d’aller chercher le sécateur, à condition qu’il n’ait pas été oublié quelque part dans le jardin. Mais pour la crème de gruyère, le citadin et le rural sont à égalité. La languette rouge vous fait de l’oeil, on tire dessus, ça déchire un lambeau, et si vous tenez la chose trop fermement, ça s’écrase... Bien sûr, on peut mordre dedans, puis essayer de trier avec la langue les bouts d’emballage et le fromage, en recrachant les bouts de papier, mais franchement, c’est pas très glamour.

Devant l’énigme toujours renouvelée du mystère de la languette rouge qui devrait mais qui ne fait pas, je m’interlocute sur les incohérences du monde moderne. Je clique sur un clavier d’ordi pour savoir le temps qu’il fait dans la rue d’à côté, avant même que j’aie le temps de dire à mon chat, bouge pas, je vais voir sur le balcon s’il fait beau, j’ai la réponse. Ma question est partie de mon clavier jusqu’à un satellite qui vadrouille dans la stratosphère, le satellite la renvoie vers une banque de données qui va voir le temps qu’il fait dans la rue d’à côté, la réponse refait tout le chemin en sens inverse, allez dans les 10 000 kms, ça revient dans mon ordinateur qui l’écrit sur l’écran, j’ai déjà l’info quand mon chat me répond, j’en viens du balcon, c’est couvert avec température plus basse que les moyennes saisonnières.

On en est là, c’est prodigieux, mais les crèmes de gruyère ne sont guère plus accessibles en 2009 qu’en 1953, c’est là qu’on mesure toute l’incohérence du monde. On est peu de choses, finalement, quand une crème de gruyère résiste à vos assiduités alimentaires.

Et là, devant ce défi insolent et sarcastique, me vient l’image de la languette rouge de la Vache qui rit (je comprends maintenant, pourquoi elle rit, la vache) avec en voix off, le refrain pétulant « chez Casto y a tout s’qu’il faut »*... et j’entrevois la dimension de la conspiration, la collusion occulte entre les fabricants d’emballages quasi inviolables et les fournisseurs d’outils, perceuses, scieuses, chalumeaux, marteaux piqueurs : c’était pour ouvrir tous ces emballages hyper résistants.

Casto se parfume l’ego d’avoir tout, et même plus, Leroy s’est adjoint l’enchanteur Merlin pour parer à toute éventualité, on n’est jamais trop prévoyant... et personnellement, je vous conseille vivement de ne pas oublier la trousse des premiers secours, avec le numéro du Samu écrit en gros dessus. Et contenant un assortiment de tous les machins de la pharmacopée des psychotropes, tranquillisants, euphorisants dont les français usent et abusent parait-il. En enrichissant les laboratoires prospères dont les intérêts sont évidemment liés à ceux des producteurs de fromage fondu et aux fabricants d’outils pour bricolomaniaques, c’est la preuve : ils sont intimement associés dans la conspiration, tout se tient.

Avec la boîte à outils modèle super pro-bricolo new âge, vous êtes quasiment parés pour ouvrir les fromages, les CD/DVD sous scellés, les tranches de jambon polyphosphaté et autres succulences des temps modernes calfeutrées dans leurs armures made in dérivés du pétrole. C’est beau le progrès. Prévoyez aussi un mini labo d’analyse, pour bien mesurer le progrès qui prend soin de vous. La preuve ?

 

Le groupe Lesieur dorlote les consommateurs avec autant de considération qu’un moteur automobile, puisque de l’huile de moteur importée de l’Est a été incorporée dans ses produits alimentaires, et il y a une flopée !!! Voilà, ça vient de la région de Tchernobyl, (!) il y a environ 40 millions de litres d’huile frelatée – à moins de 10%, c’est pas grave dit l’Etat – Allez, une vinaigrette à l’huile de moteur tchernobylée, vous êtes dans le 3 ème millénaire. Ci-dessous le lien avec les marques pouvant vous faire bénéficier de ces produits hautement sophistiqués (au sens propre, si j’ose dire, c'est-à-dire selon Littré ; Sophistication : action de dénaturer une substance médicamenteuse ou alimentaire par le mélange frauduleux de substances inertes ou de qualité inférieure.

On ne saurait mieux dire.
http://www.unilever.fr/ourbrands/foods/default.asp

 

Et ma vache dans tout ça ? elle rigole, parce que la languette infernale n’a rien à voir avec les mutations génétiques, c’est juste l’invention d’un bricolo qui voulait faciliter l’ouverture des enveloppes de courrier. Pour le courrier, ce fut raté, mais ce fut rapté par le fromager fondu de triangle de crème de gruyère. Avec le succès qu’on sait.

Néanmoins, malgré tous ces déferlements de technologies de pointe, on n’a toujours pas élaboré la biscotte capable de supporter le tartinage de beurre sans s’effriter en miettes... Vous me direz qu’il y a toujours la confiture... je ricane, toutes, je dis bien toutes les biscottes ont des trous pour que la confiture dégouline, c’est automatique. Ah , oui, tiens  ? on me souffle que chez BricoTruc, il y a des combinaisons jetables en matière non tissée... je vais pouvoir me tartiner une biscotte avec la confiture que je veux sans être obligé de me passer au karcher après ripaille.... On n’est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle.

 

Norbert Gabriel

 

*  "Chez Casto y a tout c'qui faut"  auteur le crooner Lucky Blondo, information transmise par l'érudit Michel Gosselin, dont l'Usine à sons mérite le détour, et même le voyage, c'est là:  http://www.usineasons.com/

Pour la BO, on peut écouter :

- Georges Brassens « le mari bricoleur »

- Jean Ferrat ( et Aragon) « le femme est l’avenir de l’homme »

- Les Frères Jacques « la confiture »

- Chanson "Patalo" des Têtes raides, "Micro-ondes" de Chanson Plus Bifluorée...

Et « Le moral des ménages » de Céline Caussimon (hautement conseillé)

 



Lire la suite

Eloge du scorpion ….

 

Scorpions wallpaper2.jpgTu es la plus étrange des créatures, en somme,

Et s’il y a tant de misère sur terre
C’est grâce à toi, mon frère,

Si nous sommes écorchés jusqu’au sang,
Pressés comme la grappe pour donner notre vin,
Irai-je jusqu’à dire que c’est de ta faute, non,
Mais tu y es pour beaucoup, mon frère.

 

Yves Montand et Lavilliers, et surtout Nazim Hikmet, se sont penchés sur ce pauvre scorpion dont on médit sans cesse... comme quoi ce serait un affreux jojo jamais content, carrément méchant, genre à se nourrir de son propre venin pour être conforme à sa nature. C'est pas faux … et la nature est injuste. Elle fabrique des papillons fantasques, des gentils colibris, des gracieuses libellules et des scorpions. Un peu comme l'homme a créé les snipers. Le sniper, c'est un artiste du tir, un esthète. La cible, il s'en fout. Pourvu qu'il mette la balle au centre, que ce soit dans la tête d'un terroriste preneur d'otage, dans une courge ou dans le dos d'une femme qui est allée chercher de l'eau dans les ruines d'une ville en guerre, pourvu que ce soit à 300 ou 500 mètres, sinon c'est pas drôle, ça l'excite, ça justifie son art de tireur d'élite. C'est son métier, comme un jeu, il est payé pour ça, il fait son boulot. Le scorpion aussi, c'est sa nature, il produit du venin, il s'en sert. Qu'est-ce qu'on peut faire contre ça ? Une histoire, qui est peut-être vraie, raconte qu'un scorpion doit traverser une rivière pour fuir un incendie. Mais il ne sait pas nager. Arrive un crapaud, le scorpion l'implore,

- Prends-moi sur ton dos

- Eh oh, y a pas marqué ballot, dit le crapaud, tu passes ton temps à piquer tout ce qui passe...

Le scorpion supplie, promet, et le crapaud, bon gars, l'embarque, et vogue sur l'onde. Et au milieu de la rivière, tchack! Le scorpion pique... Le crapaud à moitié mort a le temps de gargouiller avant de couler,

- Mais enfin, pourquoi ?

- Parce que c'est ma nature dit le scorpion, en coulant de concert.

C'est le résumé d'un conte africain. Rapporté par une sorte de rossignol griot, ou de rousserolle effarvatte, une voyageuse infatigable. Elle fait chaque année la migration d'Afrique à l'Aquitaine, de roseau en roseau, c'est une discrète, et a priori, elle se fout des scorpions et de leurs mauvais rousserlole.jpginstincts. Mais il n'est pas exclu qu'elle ait sous la plume quelques vers de Nazim Hiskmet,

Comme le scorpion, mon frère,
Tu es comme le scorpion
Dans une nuit d’épouvante.
Comme le moineau, mon frère,
Tu es comme le moineau,
Dans ses menues inquiétudes.

Quand on voyage, on glane de ci de là, des bouts de chansons, des bribes de musique, des échos... Tous ne sont pas des échos agréables, il y a des vents mauvais. Il y a déjà quelques décennies Camus avait déploré que « le réflexe remplace la réflexion, et la méchanceté remplace l'intelligence » on voit ça tous les jours dans les étranges lucarnes pour peu qu'on s'y égare. Ou sur des forums, au nom de la liberté d'expression, ça se défoule avec bile et venin, Et parfois la méchanceté se combine à l'intelligence, c'est le principe du scorpion en quelque sorte. Peut-être que ce pauvre petit scorpion n'a pas été aimé par sa maman quand il était petit, c'est triste. On ne selket 2.jpgguérit jamais de son enfance. Peut-être qu'il trouvera un peu de consolation en se souvenant que les Egyptiens l'ont associé à une belle fille, Serket, ou Selkis, laquelle a un bon fond, elle protège des effets néfastes du bestiau. Et puis, il paraît que le venin des scorpions est particulièrement efficace contre les autres arthropodes mais peu contre les humains. Souvent, les piqûres chez ces derniers ne produiront que des effets locaux, éphémères. On n'est jamais à l'abri d'une bonne nouvelle.

 


Norbert Gabriel

colibri-circe-male-vol3.jpgPS ; mais pourquoi un éloge de cette bestiole assez peu fréquentable ? Sauf si on est un arthropode scorpiones heterometrus spinifer ejusdem farinae (en clair un zigoto du même acabit) parce que finalement, il est bon de savoir que ça existe, et que globalement, dans l'humanité ce n'est peut-être pas la majorité du genre. Il y a aussi les colibris...qui volent assez haut pour ne pas être dérangés par les scorpions. Comprend qui veut, comprend qui peut.

 

 et pour quelques notes de plus, Yves Montand, le premier à mettre en scène ce texte de Nazim Hikmet



 

 

 

 

 

Lire la suite

Page : 1 2 3